Le temps du gel est terminé ainsi que le temps du silence. La forêt qui s'éveille s'habille de vert et de rire. La lumière des aubes radieuses caresse les pieds endoloris, lave les troncs noircis et ranime l'espérance. La confiance envahit tout le peuple des arbres. Les bras largement ouverts ils appellent les oiseaux. Une sorte d'ivresse parcourt la forêt. Les sèves du printemps courent à perdre haleine. Les bourgeons pointus comme des grains d'avoine livrent, en s'éclatant leurs feuilles qui naissent toutes fripées. Un feuillage tout jeune, gorgé de vie fourmille dans les ramures et retient dans ses filets une lumière douce comme le miel. (A. Besset)

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